Les ballons ne tombent plus des mains, le jeu de ligne est plus incisif que dans tous les autres matchs de la saison, avec des prises d’intervalle déterminantes, des ballons servis en pleine vitesse, bref, « un jeu de mains – jeu de Toulousains ». Et croyez bien que les Bayonnais n’étaient pas venus pour simplement figurer, ils ont fourni une excellente réplique agrémentée de deux beaux essais (presque trois).

Huit essais au total, un spectacle engagé de haut niveau, le public ne peut donc pas se plaindre de la soirée, mais très franchement, l’essentiel n’était pas là. C’est après le coup de sifflet final que les onze partants, un à un appelés (vous en trouverez la liste intégrale dans toute la presse spécialisée), sont honorés comme il se doit par un public enthousiaste qui a compris, lui, que nul n’est à l’abri d’une saison malheureuse. IMG_1750.JPGAucun n’a oublié les multiples sacres dont ils furent plus ou moins les acteurs et naturellement c’est Thierry Dusautoir qui recueille les hourrah les plus chaleureux.              

Et ces grands garçons, riches de carrières exemplaires pour beaucoup, se retrouvent comme des gamins timides, à un micro bien encombrant, à remercier selon l’usage tous ceux qui leur ont permis de connaître ce bonheur. Ils balbutient, la larme à l’œil, quelques paroles apaisantes et se fondent une nouvelle fois dans le collectif. Grégory Lamboley, à ce jeu, est le plus prolixe, tandis que l’émotion en rend muets quelques autres.

«  - Et L’Oeil, alors, dont c’est la dernière aussi, ressent-il cette même émotion ? »

« - Emotion c’est un bien grand mot, mais nostalgie, quand même, oui ! »

«  - Du coup je me remémore ces temps jadis où je traînais mes guêtres sur les pelouses. C’est avec beaucoup de nostalgie, oui, que je repense à mes jeunes années, ces années où nous formions un sacré groupe d’avants redouté au point qu’on nous nommait : les misérables ! »

« - Il y avait là…, attendez que je me souvienne des noms,… Oh, que c’est loin tout ça ! »

« Oui, il y avait David Hétais, le pilar gauche et Philippe Danla (alias Mouïse) à droite et moi au milieu. Croyez-moi, je ne risquais rien entre ces deux colosses ! En seconde ligne se trouvaient, la plupart du temps Jérôme Thon et Jean-Louis Béreu. Et en troisième, euh, la poutre au numéro huit... comment s’appelait-il déjà ? Nous l’avions surnommé « espresso » ? Ah oui, il y avait Déka. Paul Déka et à ses côtés Philippe Gard et Richard Ain. Je le vois encore parfois, Richard, mais il joue aux cartes maintenant et manie l’excuse comme personne. Richard, si tu me lis, petit clin d’œil de L’Oeil…

Bref, nous formions un sacré huit de devant : L’Oeil, Hétais, Danla, Thon, Béreu, Gard, Déka, Ain. » (1)

« - Et l’entraineur, alors, c’était qui ? »

« - C’était Hugo. »

« - Quoi ? Ugo Mola, déjà ? »  

« - Mais non pas Mola ! Hugo Victor ! »

« - Evidemment ! »

Signé L’ŒIL

(1) L’équipe est de pure imagination, vous l’aurez compris. Toute ressemblance avec une personne réelle serait pure coïncidence.