Du reste, la dite commission, au lieu de se retrancher derrière la parole quasi évangélique qui prétend que « l’arbitre a toujours raison » devrait de temps en temps admettre que l’arbitre aussi, parce qu’il est un homme, se trompe. Mais pour ce match, je vous rassure, il ne s’est pas trompé. Il ne s’est pas trompé de cible, il en s’est pas trompé d’objectif (voire de contrat ?) : l’élimination du Stade Toulousain.

Je me permets donc, puisqu’ils ne le permettent pas, de leur faire savoir qu’en cautionnant des comportements de cet ordre avec leur bénédiction « rugby et ourdi », ce n’est pas le Stade Toulousain qu’ils assomment, mais le rugby qu’ils tuent. C’est sûr qu’en 41 ans, on peut en accumuler des rancœurs, des amertumes, s’en faire des ennemis et le fait que le jour où l’occasion leur est donnée ils se vengent est somme toute assez humain.

Bref, les dix premières minutes mettent  à L’OEIL la puce à l’oreille quand Monsieur Gaüzère après avoir offert les trois premiers points aux visiteurs, pratique sans sourciller la double peine à l’encontre de Gaël Fickou (essai de pénalité et expulsion) et les dix dernières le confirment de la manière la plus claire lorsqu’il s’obstine (pour laisser le temps s’écouler) à sanctionner les Parisiens moult fois, à sortir coup sur coup deux cartons jaunes sans jamais se résoudre à appliquer la même règle.

Il finit, parce qu’il ne peut faire autrement, par accorder l’essai en coin à Maxime Médard (bien plus difficile à transformer…) et, voyez comme je suis de mauvaise foi, je le soupçonne même d’avoir prémédité son dernier coup de sifflet sur la sirène pour éviter un contre fatal.  

Des règles, parlons-en ! Alors que durant toute la partie les fautes toulousaines (bien réelles sans doute) sont sifflées avec la plus grande régularité, les charges coude en avant, les hors-jeu de ligne, les entrées par le côté dans les rucks des Parisiens sont pour la plupart ignorés.

Pire, pour les remises en jeu en mêlée je vais même me permettre de rappeler ici la « Règle 20-6 (d) de ce jeu de rugby : Le demi de mêlée doit introduire le ballon droit le long de la ligne médiane, de telle sorte qu’il touche immédiatement le sol au-delà de la largeur des épaules du pilier le plus proche. »

J’affirme que toutes les introductions en mêlée des Parisiens étaient pénalisables. Dominés en puissance, ils étaient obligés de jouer d’introductions fautives, l’arbitre n’était pas obligé de fermer les yeux ! 

Alors après, du rugby, nous en avons vu lors de quelques séquences de qualité surtout au second acte, les joueurs ont joué leur jeu, avec opiniâtreté, avec hargne, parfois avec talent, rarement avec une grande imagination. Le renouveau est attendu pour plus tard car même si cela n’enchante pas tout le monde j’ai le sentiment que le Stade Toulousain aura encore un avenir radieux.

A Castres il s’agira de se faire plaisir, faire plaisir aux supporters, montrer de quoi l’on est capable car les cloches (de Pâques) seront enfin passées.      

Signé L’ŒIL