De plus il convient, en bons sportifs que nous sommes, de reconnaître l’excellente prestation d’une équipe qui a connu en début de saison l’impact des compétitions internationales et payé cher quelques défections. Les Catalans reviennent à leur niveau, c'est-à-dire un niveau de haut de tableau, au bon moment ; dommage que ce ne soit pour cette année que pour se sauver de la relégation. Mais je ne voudrais pas paraître condescendant sur le sort de l’adversaire, ce qui pourrait apparaître comme une suprême offense.

Bons sportifs, le public local l’est aussi. C’est ainsi qu’il n’hésite pas à honorer de ses vivas les joueurs adverses dès leur entrée sur la pelouse comme à encourager avec vigueur le buteur à chacune de ses tentatives. On est loin des tristes travées anglaises où durant les tirs au but, s’égraine une minute de silence, on se demande bien en l’honneur de qui ! : « C’est la culture locale, mon bon monsieur… », entends-je. Alors, si c’est de la culture, je m’incline.

Le premier acte est assez égal, les Toulousains opposant une bonne résistance à l’engagement physique local et répondent par quelques offensives. Luke Burgess se permet une belle percée, Lillian Galan une superbe charge,  les locaux répliquent, mais les défenses veillent et le tableau d’affichage demeure vierge, les buteurs des deux camps se montrant maladroits.

Côté toulousain, les remises en jeu en touche sont trop approximatives et font perdre à plusieurs occasions la possession du ballon. Il y a là un point à travailler, mais comment pourrait-il en être autrement avec un lanceur de dix huit ans à peine. Les spécialistes savent bien que ce geste, apparemment anodin, demande un long apprentissage. Ceci n’enlève rien aux qualités exceptionnelles de Christopher Tolofua qui sera bientôt un très grand à ce poste.

C’est finalement James Hook qui inscrit les premiers points et je ne peux réprimer un petit sourire lorsque le speaker du stade s’ingénie à annoncer le score en catalan, langue bien peu appropriée à désigner le nom du réalisateur ! Je sais, cela ne fait rire que moi !

La partie est toujours égale, les Toulousains se mettant parfois en danger en jouant des ballons improbables, jusqu’au premier véritable temps fort qui se termine… par une maladresse ! Mais les choses vont mieux, Yannick Jauzion est repris à quelques mètres de la ligne, un regroupement se forme et après quelques charges c’est Patricio Albacete qui trouve l’ouverture. Jean-Marc Doussain, toujours copieusement encouragé, transforme et les Toulousains se retrouvent devant. James Hook réduit l’écart sur la sirène, des vingt mètres en face.

Au second acte, toujours James Hook ajoute les points aux points sanctionnant les fautes toulousaines. Les usapistes profitent par dessus le marché de l’exclusion temporaire de Christopher Tolofua victime apparemment de fautes collectives répétées et le bonus défensif, sorte de raisin vert en territoire d’Ovalie, s’éloigne.  Les entrées de cadres tels Thierry Dusautoir ou Yoann Maestri ne permettent pas de retourner une situation compromise même si les actions deviennent plus construites mais toujours aussi mal achevées. Lionel Beauxis, de son côté, laisse échapper quelques points à sa portée et sur la sirène finale Joffrey Michel, ne voulant pas jouer l’Arlésien, hérite d’un ballon perdu et file marquer l’essai qui ne sert à rien, les carottes étant déjà cuites à cette heure.

Alors, les carottes oui, mais le Stade ? Cuit, le Stade ? Pas sûr. C’est à la fin du repas que l’on paye l’addition…

Signé L’ŒIL