Reprenons les choses dans l’ordre. C’est en fait une première coquinerie du sort qui transforme une pénalité ordinaire de Romain Teulé en première occasion d’essai pour les Castrais, la trajectoire trouvant par bonheur le poteau, occasion vite mise à profit par Karena Wihongi qui s’affale au pied des fourches.

La seconde friponnerie consiste en cette interception de Romain Martial qui après une course de quatre vingt mètres dépose le cuir sous les mêmes fourches. Romain Teulé, naturellement, transforme et voila qu’en un quart d’heure, Karena et les Romains ont déjà inscrit quatorze points sans en concéder aucun !

Il faut attendre la vingt-cinquième minute pour voir convertie par Luke Mc Alister la sanction accordée à la suite d’une petite canaillerie fautive de Chris Masoe au sol. La partie est agréable à suivre, les deux équipes poussent de belles attaques, mais les défenses des deux côtés sont en place et le combat acharné.

Les Toulousains se trouvent de mieux en mieux à l’instar de leur charnière et Luke Mc Alister assure du pied une occupation de plus en plus nette. Il délivre quelques passes au pied millimétrées et il s’en faut de peu que l’une d’elle n’ouvre le chemin de l’essai à Timoci Matanavou.

Mais c’est en fin de première période que Monsieur Cardona, las sans doute des multiples coquineries de Chris Masoe, se résout à lui accorder dix minutes de banc de touche. Il n’en faut pas plus pour déséquilibrer un peu plus le pack castrais pressé sur sa ligne. Après une nième mêlée Luke Burgess décale d’une longue passe Yves Donguy qui conclut en coin. Mc Alister transforme et la pause est atteinte avec un déficit de quatre points pour les locaux.

Les Toulousains reprennent la partie sur les chapeaux de roue et ratent de peu quelques occasions franches par maladresse ou précipitation. Par contre, Census Johnston ne se pose aucune question lorsqu’en possession du ballon à dix mètres de la ligne, il fonce droit devant pour inscrire en force son essai personnel.

Les Toulousains sont en tête, pensez vous pour longtemps ? Non pas ! Il faut une drôle de coquinerie, du vent cette fois, pour pousser un ballon hors du terrain après une trajectoire de plus de cent mètres ! Non non, je n’exagère pas ! Cent mètres bien tassés. Le jeu revient au point de départ donc pour une mêlée aux cinq mètres toulousains. Yannick Caballero, au raz, trompe les défenseurs qui ont anticipé au  large et tout est à recommencer.  

Pire, deux fautes sont ensuite concédées coup sur coup et Romain Teulé, toujours aussi précis, les thésaurise. Un certain flottement est perceptible chez les locaux qui sont près de craquer devant les assauts adverses.

Restent à négocier les dix dernières minutes. Après plusieurs temps de jeu et quelques belles initiatives, c’est finalement Florian Fritz qui conclut sous les fourches en se faufilant en force entre deux défenseurs. Puis Mc Alister égalise de face à la suite d’un hors jeu de ligne. Le nul pouvait satisfaire les deux camps, mais Luke Mc Alister, toujours lui, délivre une superbe passe au pied à l’adresse de Yves Donguy, qui offre à Gillian Galan la réalisation finale.

Cette victoire, somme toute méritée par les Toulousains qui ont eu le mérite de renverser une situation compromise, les rapproche davantage de leur objectif de moyen terme : une qualification directe pour les demies finales.

Signé L’ŒIL