Comment dites-vous ? Monsieur ? Comment ça marche ? Eh bien ça marche en deux cycles de quarante minutes, deux cycles suffisants pour transformer un granite irlandais en masse pulvérulente. Et comme je veux vous faire profiter de l’aubaine, je vous vends la machine avec tous ses accessoires sans ajouter un sou. Ne vous bousculez pas, il y en aura pour tout le monde ! Tenez je crois que je suis devenu fou : je vous offre en prime ces deux douzaines de mouchoirs en fil pour éponger les larmes des adversaires et ce magnifique drap de bain.

Par-dessus le marché, toutes les pièces sont amovibles et interchangeables, vous pouvez même remplacer le Servat de tête en acier trempé par un Tolofua de nouvelle génération en iridium irradié (1) sans en modifier le rendement. Par ici la monnaie, s’il vous plait…

Le bateleur a beau jeu de vanter la marchandise ! C’est que c’est grâce à cette machine extraordinaire que la lessive donne le résultat attendu. Il suffit d’ajouter durant le premier cycle deux pincées de Médard en poudre, l’une à l’origine pour Matanavou, l’autre à la conclusion et de compléter par une poignée de Picamoles avant d’ajouter à l’eau de rinçage la longue passe sautée de Médard pour Matanavou. Ce dernier doté d’une turbine hypersonique tourne à dix mille tours par minute lors de l’essorage et ne laisse aucune chance aux tâches de le rattraper.

Pas même nécessaire d’utiliser une fameuse lessive, pour découvrir le cadeau bonus qui était bien, même s’il était prétentieux de le dire, l’objectif du jour.

Bon, le bateleur, lui, doit vendre son produit et il est parfois prudent de ne pas le prendre au mot, de vérifier ses dires et au besoin de tester l’outil avant de se précipiter. Vous le savez bien.

Cessons donc l’allégorie. C’est que ce jour, les Irlandais ne sont pas venus en balade et ne sont pas vraiment disposés à se faire manger tous crus. Ils poussent même l’audace jusqu’à ouvrir le score sur une pénalité justement octroyée face aux barres et se permettent le luxe de gâcher par manque de lucidité un essai qui semblait imparable.

Durant le premier acte les Toulousains paraissent un peu empruntés, comme surpris par ces diables de Britanniques jamais aussi dangereux que lorsqu’ils n’ont plus rien à gagner. Mais ils parviennent cependant par deux fois à leurs fins sur des passes au pied millimétrées, arme essentielle contre les défenses très agressives. Au second acte, ils déploient leur jeu avec plus d’assurance, dominent le sujet et confisquent le ballon grâce essentiellement à leur mêlée ultra dominatrice comme explicité plus haut en termes ménagers ! Les essais en découlent naturellement, comme vous le savez.  

Nous voici au milieu du gué ! Un pied en paradis, l’autre en enfer, selon les résultats de la semaine prochaine. C’est toute la beauté du sport où l’on tutoie en permanence l’exploit et la désillusion. Il serait utile, à mon avis, chez la perfide, de ne pas oublier la machine extraordinaire et si l’on pouvait y adjoindre un propulseur pédestre à laser incorporé, ce ne serait que mieux. Mais je crois que le staff possède cet outil en magasin…

Signé L’ŒIL

(1)       Je crois bien que l’iridium irradié, cela n’existe pas, mais c’est l’allitération qui me fait rire. Alors…