C’est un vieux rêve qui se réalise, un peu comme si un jour l’homme parvenait à mettre sur orbite ses satellites avec une fusée à pédales !

La difficulté, c’est bien connu, avec le diésel, c’est qu’il faut un certain temps pour chauffer la chambre de combustion. Et ce temps de chauffe dure, pour notre prototype, pas moins de trente huit minutes ! Jusque là les bougies toulousaines de préchauffage se voient privées de la plupart de leur combustible par des visiteurs, promus certes, mais terriblement entreprenants.

Ce n’est, donc, qu’à la trente-huitième minute, que le petit pilote d’essai Nicolas Bézy, pas à une espièglerie près, met en marche le turbo après une pénalité vite jouée pour inscrire le premier chrono de la première séance.

Mais c’est par la suite que le bolide montre toute l’étendue de son potentiel : une tenue de route impeccable, une précision de conduite millimétrique qui permet à Yves Donguy de passer sans soucis les chicanes  (si ce n’est la petite embardée, Clément Poitrenaud au volant, ce dernier tutoyant imperceptiblement la ligne lors d’une action gagnante),  et surtout une accélération fulgurante, jamais atteinte par les moteurs classiques.

Par trois fois, Ciréli Matanavu fait crisser les pneus (et les dents) pour creuser sur les poursuivants un écart rédhibitoire. Trois courses qui font admirer, notamment lors de sa troisième réalisation, toute la fluidité du moteur, le tout pour une accélération, à vue d’œil, de zéro à cent kilomètres à l’heure en moins de cinq secondes.

Comme en terme de reprise et de puissance, le moteur, sous la conduite de Yannick Nyanga, démontre toute son explosivité, et que, « arbre à cannes »  en tête, Clément Poitrenaud au relai de son copilote Yannick Jauzion, est à la conclusion d’une autre fulgurance, inutile de feindre, le prototype est d’ores et déjà hautement compétitif.

La suite, devrait le confirmer. Restera, tout de même, à ne pas trop s’enflammer au volant de ce bolide pour ne pas quitter la route lors des deux prochaines épreuves à domicile qui devraient permettre de résoudre les derniers petits problèmes techniques, resserrer quelques boulons, introduire quelques nouveaux éléments sans déséquilibrer l’ensemble et surtout raccourcir le temps de chauffage.

Les circuits européens qui se profileront ensuite nécessiteront un véhicule parfaitement  au point et vous pouvez me croire, les techniciens du ST sont tout près d’y parvenir. Seule ombre au tableau, la blessure de Patricio Albacete qui le tiendra éloigné des circuits et à qui nous souhaitons un rétablissement aussi rapide que possible.

Signé L’ŒIL