Et tout débute de la meilleure manière qui soit. Les Toulousains monopolisent le ballon, multiplient les temps de jeu, se créent des brèches et il s’en faut d’une jambe irlandaise intercalée pour priver Cyril Baille du premier essai. Qu’à cela ne tienne, une mêlée et un temps de jeu plus loin, en bout de ligne, c’est Gaël Fickou qui concrétise. Du coin du terrain, Jean-Marc Doussain y ajoute la transformation difficile.

Les visiteurs tentent bien de réagir, mais n’ont pas de solution. Battus au grattage, dans les rucks, par des « contests » efficaces, ils sont battus aussi lorsque Yoann Huget lancé est servi par Jean-Marc Doussain. Il s’engouffre dans le trou et transmet l’ovale d’une passe au cordeau à Arthur Bonneval. Ce dernier se défait de l’ultime défenseur avant de conclure dans un envol visiblement voluptueux. Du coin de droite, cette fois, Jean-Marc Doussain réitère et donne aux siens 14 points d’avance au compteur. Jusque là, c’est le rêve…

Les minutes passent ainsi, avec quelques velléités irlandaises mises à mal par l’efficacité de la défense stadiste et toujours par un jeu au sol de grande qualité. Les Toulousains, eux, se procurent quelques occasions, ici par l’infiltration de Sébastien Bézy qui n’assure malheureusement pas sa passe à Gaël Fickou, là par la tentative en force de Yann David à qui il manque trois centimètres ! Là, c’est le sommeil paradoxal.

Le jeu se rééquilibre un peu et le Connacht inscrit ses trois premiers points suite à une pénalité. Le premier acte prend fin avec 11 point d’avance au compteur pour les locaux et non 14 car une pénalité est manquée de 25 mètres face aux barres. Une phase de sommeil lent sans doute.

Le second acte débute comme le premier. Après quelques temps de jeu une touche à cinq mètres est jouée. Anticipant la formation d’un maul, les Irlandais laissent une faille dans l’édifice que Iosefa Tekori s’empresse d’exploiter pour s’affaler en but.  Par la suite, les visiteurs jettent leurs dernières forces dans la bataille,  Après plusieurs temps de jeu où ils sont menaçants ils finissent par trouver l’ouverture par l’intermédiaire de John Muldoon.    

Comme à l’inverse des Toulousains, sur le pont depuis plusieurs semaines dans des matchs de haut niveau, les visiteurs ont pu faire tourner leur effectif, ils montrent plus de fraicheur et prennent leur chance. De quoi donner aux supporters des sueurs froides puisque trois petits points suffiraient à éliminer le Stade Toulousain à cet instant.

Et le tournant du match se situe peut être à la 71ème minute lorsque Matthew Healy, lancé en bord de touche ne parvient pas à capter une passe sautée de son centre alors que le décalage était fait ! Là, sans ce petit coup de pouce, c’était le cauchemar assuré !

Les Toulousains semblent émoussés et font craindre le pire à leurs supporters, ils souffrent dans leur camp devant les assauts désespérés des hommes verts, mais c’est finalement la fraicheur qui paye puisque c’est Piula Faasalele, entré en jeu pour les dernières minutes, qui délivre son équipe en obtenant dans les derniers instants une pénalité salvatrice par un contest parfait.

Tout cela donne le droit d’aller défier chez lui en quart de finale un sacré client : le Munster. Pour un autre rêve ou un autre cauchemar ?  

Signé L’ŒIL