Bref, lorsque l’écran opaque commence à se dissiper, le score affiché est de 6 à 0 pour le Stade Toulousain. Les ovations m’avaient bien sûr averti de ces réussites et la sono du Stade informé du nom de leurs  auteurs ; Florian Fritz et Jean-Marc Doussain. C’est donc plutôt, jusque là, la rubrique : « ce qu’a entendu Laure » que vous lisez !.

A la fin du premier quart d’heure, le bras levé de Monsieur Gauzère sanctionne une faute dans un ruck et de 40 mètres Patricio Fernandez prend les points. Les Toulousains dominent en mêlée, jouent leur jeu debout avec quelques belles combinaisons, mais ils s’exposent aussi aux redoutables contres comme sur ce mauvais renvoi où le ballon bonifié par Benson Stanley est adressé à Peceli Yato pour la conclusion. Imparable. Et Clermont est devant, sans qu’il y ait grand-chose à en dire, et de quatre points, puisque du bord de touche le même Patricio passe la transformation.

Dans la foulée, Sébastien Bézy a la bonne idée de réduire l’écart suite à une énième faute en mêlée fermée. Monsieur Gauzère perd patience en suivant et exclut pour dix minutes le pilier fautif, supériorité numérique qui ouvre peut être la porte à une remarquable perçée plein champ de Christopher Tolofua qui, relayé par Cyril Baille, permet à Yoann Huget de marquer en ce 31 décembre, son premier essai de l’année !

Le jeu prend de la consistance, les actions dangereuses de part et d’autre se multiplient mais ne concluent pas, jusqu’à ce qu’Arthur Bonneval ne casse le verrou, démontrant toutes ses qualités de finisseur à 4 minutes de la mi-temps. C’est décidément la période toulousaine, Luke Mc Alister manque d’un cheveu la passe du pied sur l’aile pour Yoann Huget et Arthur dépose tous les défenseurs d’une course  rectiligne et marque. La vidéo détecte l’effleurement préalable du ballon sur la ligne de touche et l’essai est justement refusé.   

Le second acte débute dans le même tonneau et à l’issue d’une belle action collective, c’est Gaël Fickou qui, à son tour, fait parler la poudre. Blessés les Clermontois s’enhardissent et mettent sous pression la défense locale qui montre alors une solidarité exemplaire et rien ne passe… sauf le temps. L’idée de « cerise sur le gâteau » germe bien à cet instant de la Saint Sylvestre dans certaines têtes, mais le choix de tenter une pénalité au lieu de chercher la pénal-touche à un quart d’heure du terme démontre que la victoire sur le leader suffit pour ce soir à l’appétit de pré-réveillon des Toulousains. Sébastien Bézy pourtant, lui, ne se résout pas  à laisser passer la moindre occasion et profitant d’un contre, il file à l’essai que Monsieur Gauzère refuse pour des raisons… euh brumeuses, naturellement !

Les dix dernières minutes voient les visiteurs requinqués dominer à leur tour les mêlées, ils procèdent à un siège assidu de l’en-but et Monsieur Gauzère finit par leur octroyer l’essai de pénalité qu’ils cherchaient. Restent à vivre les derniers instants en s’opposant aux ultimes assauts qui pouvaient inverser sur le fil le résultat. Les Toulousains y parviennent finalement et pourront fêter dignement le passage d’année.

Les supporters, eux, s’apprêtent à en faire autant et s’éparpillent dans la brume qui enserre le stadium comme une écharpe.     

Signé L’ŒIL et Laure (Laure EYE, associés pour la circonstance)