Mais si savoir recevoir est louable, le match reprend vite ses droits et prend, pour les visiteurs, l’allure d’un drôle de festin. Ils dégustent tour à tour la mise en bouche de Gillian Galan qui prend le trou (pas encore normand) et conclut, l’action apéritive lancée sur 80 mètres de Paul Pérez consécutive à une envolée de Toby Flood et un relai de Florian Fritz, la finition légèrement pimentée de Yoann Huget servie par une escapade de Talalelei Gray, le tout conclu avec la goûteuse cerise d’Arthur Bonneval et le bonus est en poche dès la vingt troisième minute. C’est bien à du rugby Asti-Spumante que nous avons le plaisir d’assister, version transalpine du rugby Champagne, vous aviez compris.

Loin d’appliquer les préceptes de sécurité routière (un verre ça va…) les Toulousains persistent dans leurs intentions festives. C’est ainsi que Luke Mc Alister délivre un petit coup de pied bien ajusté et le rebond qui suit semble indiquer que le ballon lui-même veut s’inviter à la fête. Il échoit donc, avec un peu de chance, dans les bras de Toby Flood qui n’a plus qu’à pointer l’olive en but.

Mais l’appétit vient en mangeant dit-on ! Ce précepte prend tout son sens avec la puissante charge de Gurthro Steenkamp, mort de faim sans doute, ou pas rassasié à l’évidence, qui s’empiffre sous les poteaux.

Les Zèbres soucieux de prendre quand même leur part du gâteau, se mettent en fin de période à tirer la nappe à eux et il s’en faut d’une vidéo peu explicite, après une charge rageuse du troisième ligne Joshua Furno pour les priver de leur entrée préférée (avant celle des vestiaires).  

Le second acte est moins gastronomique, il faut le reconnaître. Privé d’enjeu le rythme baisse, les maladresses s’enchainent et ce qui doit arriver arrive avec le bel essai des visiteurs à la quarante-cinquième minute. Pas de quoi affoler les convives toutefois ! Les Toulousains maîtrisent parfaitement le sujet avec une bonne occupation au pied de Luke Mc Alister qui semble avoir retrouvé sur ce champ l’appétit.

Quelques belles actions remettent ci et là le public en éveil comme cette superbe échappée de Semi Kunatani repris in extremis. Bien servi par Arthur Bonneval c’est Paul Pérez qui s’offre sur l’aile le plat de résistance, après avoir résisté au retour de deux adversaires.

D’une passe au pied millimétrée Luke Mc Alister offre à Yann David une dernière réalisation sucrée, dernière car lors du dernier quart d’heure le jeu  se cantonne au centre du terrain, la préoccupation dominante pour tous étant l’horloge au coin du terrain qui égraine les secondes. Le résultat est acquis depuis longtemps, après avoir bien reçu d’abord ces zèbres, les avoir bien respectés ensuite, il est inutile de les martyriser.

Pas sûr que les guêpes montrent en janvier autant de bienséance, les Toulousains auront pour une fois le devoir de ne leur faire aucun cadeau… si possible ! 

Signé L’ŒIL