Le premier quart d’heure est assez équilibré, le temps pour les locaux de retrouver leurs esprits. Mais insensiblement ce sont eux qui mettent la main sur le ballon. Ils proposent des mouvements d’envergure et donnent de la vitesse au jeu. A la suite d’une touche à cinq mètres le maul constitué propulse malgré une belle résistance adverse, François Cros derrière la ligne.

Il faut trois minutes, pas plus, pour voir une superbe action collective où Iosefa Tékori démontre toute sa puissance et le ballon finir, petit côté, dans les mains de Semi Kunatani pour la conclusion.

Le jeu proposé par les Toulousains est agréable, jeu debout, prises d’intervalles, variations qui mettent à mal la défense adverse et l’on arrive à la demi heure de jeu (l’heure de l’apéritif…). C’est l’instant que choisit Gaël Fickou pour s’offrir une échappée belle. Après avoir médusé Romain Cabannes d’une feinte de passe à sa façon, il dépose en une accélération progressive mais irrésistible Gaëtan Germain et finit à dame.

La pause intervient (à l’heure des hors d’œuvre et pas des citrons pour une fois) sur un score de 17 à 5 en faveur des locaux.

Encore une belle action toulousaine (à l’heure du rôti) qui voit, après une superbe relance d’Alexis Palisson relayé par Semi Kunatani (qui se propose aux quatre coins du terrain) la seconde réalisation de Gaël Fickou. Certains pensent à cet instant, bonus en poche, que les carottes sont cuites ! Oui, mais pas tout à fait, car les Brivistes ne veulent pas offrir trop tôt leur cadeau de Noël et ont encore la frite !  Du coup, après une période où l’intensité baisse un peu côté toulousain, Sevanaia Galala profite d’un ruck mal maîtrisé pour s’échapper tout seul et inscrire son essai validé après vidéo. Et tout est à recommencer (à l’heure du trou normand).

Par bonheur, à cinq minutes du terme, sur une mêlée à cinq mètres bien stabilisée, Sébastien Bézy choisit de jouer côté fermé et sert Arthur Bonneval qui rend à bonus ce qui appartient à bonus (à l’heure du dessert). 

A deux minutes de la fin (soit à l’heure du digestif dominical) les visiteurs ont encore une grosse occasion de ravir la cerise, mais Semi Kunatani propulse le porteur du ballon en touche, évitant ainsi aux siens une issue qui, pour le coup, eut été difficile à digérer et validant un point qui pourrait se révéler précieux.

En conclusion, avant de se rendre dans la savane parmesane et de recevoir ces drôles de zèbres, nous retiendrons  la performance d’ensemble d’un Stade Toulousain où, il faut bien le dire, les jeunes se sont particulièrement illustrés et c’est une grande satisfaction. 9 joueurs de 23 ans ou moins : la première ligne dans son ensemble qui a tenu la dragée haute à son opposante, Edwin Maka qui atteint sa plénitude, François Cros excellent, Gaël Fickou, mais ce n’est pas une surprise, Arthur Bonneval qui se révèle vraiment et le petit dernier Selevasio Tolofua qui prend à 19 ans le bon chemin dans le sillage de Christofer. Quant aux « vieux » de la charnière ils montrent eux aussi un visage attrayant, avec Sébastien Bézy créateur intenable et Jean-Marc Doussain solide défenseur. 

L’avenir est donc bien dans les jeunes, comme disait Georges Brassens à ses ancêtres : « poussez-vous donc un peu, place aux jeunes en quelque sorte… »   

Signé L’ŒIL