Je veux parler de cette curieuse faculté qu’il a à redresser des situations d’injustice. Je ne sais pas d’où le destin tient cette faculté mais je sais que ce n’est pas la première fois qu’il m’est donné de l’observer. Et plus précisément, elle semble découler de ce que l’on appelle communément « les nerfs ». Dans les dernières minutes, Samuel Marquès les a en acier trempé et Rory Kockott… en papier !

Alors que le premier nommé, à deux minutes du terme de la partie, de prés de quarante mètres en coin, sous la pression d’un public visiteur décidément bien mal éduqué, aligne la trajectoire parfaite pour donner d’un point la victoire aux siens, le second quelques instants auparavant, de vingt mètres en face, dans un silence de cathédrale (ou presque car nous avons encore aussi, chez nous, quelques brebis à éduquer), manque l’occasion de donner aux siens une marge rédhibitoire. 

La morale est sauve donc, avec cette victoire toulousaine étriquée, victoire à quatre points tout de même, bien qu’il faille reconnaître que sur ce match les Castrais méritaient de l’emporter.

Ils le méritaient parce qu’ils ont copieusement dominé territorialement la quasi-totalité de la partie. Dominer permet de capitaliser chaque faute toulousaine grâce à l’adresse de leur buteur (auteur quand même d’un beau 5/6 même s’il rate l’occasion la plus facile d’une position où il n’en a plus manqué depuis sa première communion…).

Ils le méritaient parce que les Toulousains pourtant dans de bonnes conditions au regard des derniers matchs, furent dominés dans l’épreuve de force de la mêlée.

Ils le méritaient parce que les imperfections locales, ballons mal négociés au pied, ballons perdus dans les rucks, donnaient aux visiteurs  nombre de munitions.

Et les Toulousains, alors, ils ne méritaient pas ?

Si, si, ils méritaient aussi. Ils méritaient parce que leur buteur, réussit toutes les occasions qui lui furent données (4/4).

Ils méritaient car leur défense mise sous pression à de nombreuses reprises ne laissa jamais rien passer.

Ils méritaient parce que Richie Gray fut impérial sur nombre de remises en jeu en touches, captant à l’occasion quelques lancers adverses et fut d’une activité remarquable dans le jeu. 

Ils méritaient parce que les rares ballons touchés par Semi Kunatani lui permirent de montrer des qualités qui s’exprimeront, n’en doutons pas,  pleinement à l’avenir.

Ils méritaient parce que, dans l’adversité, ils mirent du cœur à l’ouvrage, sans jamais abdiquer, suivant en cela l’exemple de leur valeureux capitaine.

Et puis, quand même, ils le méritaient car ils marquèrent le seul essai de la partie sur un maul pénétrant une nouvelle fois gagnant avec Léonardo Ghiraldini à la conclusion.  

« Et les siffleurs de buteurs, alors, ils ne méritaient rien ? »

«  Si, si, ils méritaient une leçon !

Signé L’ŒIL