Du coup, difficile de dire à l’issue de la rencontre s’ils sont déçus ou ravis par ce match nul qui pouvait (devait ! divine surprise) se transformer en victoire, mais pouvait aussi très bien finir en eau de boudin. Bref, si la bouteille est à moitié vide ou à moitié pleine.

Alors, pour être objectif, essayons d’analyser les choses. Sur le plan de l’engagement, il fut total, de part et d’autre et nulle critique sérieuse ne saurait être émise sur le sujet. Amené par leur capitaine Thierry Dusautoir, auteur d’un match exemplaire, le pack dans son ensemble est à féliciter. Plus précisément, les jeunes pousses poussent en mêlée et mettent au supplice, et cela depuis quelques matchs, leurs chevronnés opposants. La fin de premier acte avec les multiples mêlées jouées à cinq mètres de la ligne pouvait d'ailleurs connaître une meilleure issue. Même la touche, point faible longtemps fustigé ici même, se montre à son avantage avec zéro ballon perdu et un récupéré sur lancer adverse. Dans les rucks plusieurs ballons grattés ont donné lieu à des « turn-over » exploitables. Bref, la conquête dans son ensemble est sur la bonne voie, cela ne pourra pas ne pas payer un jour.

Voila pour la bouteille à moitié pleine.

Pour la bouteille à moitié vide, il faut bien reconnaître que l’exploitation faite des munitions n’est pas optimale même si la défense adverse n’y est pas pour rien. Une passe en touche, un jeu au pied défaillant qui amène un essai… adverse ! Une longue passe sautée (et manquée) qui ne s’imposait pas, deux ou trois en-avant non provoqués, une passe mal assurée adressée à Gaël Fickou en position de marquer suffisent pour expliquer cette déficience. Difficile de ne pas y ajouter le « un contre un » perdu de la soixante dix huitième minute. Il a été gagné par la guêpe, perdu par Paul Pérez dont on ne saura jamais quelle mouche l’a piqué. Mais faire de lui, il en est assez contrit, le responsable unique de la déconvenue est trop facile, le vrai responsable est bien l’auteur de l’exploit : le surpuissant troisième ligne Nathan Hughes. Bravo à lui. Point barre.

Mais l’adversaire non plus n’est pas exempt de tout reproche. Cet en-avant sur un retour intérieur lors d'une action qui devait conclure par exemple. Et que dire de cette prise de risque inouïe consistant à jouer un petit coup de pied pour lui-même au dessus de la défense, par l’ouvreur britannique, à trois mètres de son en-but ! Contré par-dessus le marché et suivi d’un en-avant, ce coup de pied amène l’essai en force de Census Johnston ! Mauvaise inspiration pour le moins.

Alors, la bouteille, elle est comme elle est, à moitié pleine et à moitié vide pour les deux  équipes. Match nul et balle au centre, le résultat est finalement logique pour ne pas dire moral.

A dire vrai, la suite n’est pas écrite. Bien que peu probable, une montée en réussite (en puissance c’est déjà fait) permettrait d’envisager après la double confrontation avec les équidés rayés, une fin de poule qualificative à enjeu, avec le retour chez les guêpes et le bouquet final en réception du Connacht.

Après tout, l’impossible n’est pas impossible même si la bouteille est un peu fêlée depuis la semaine dernière…

Signé L’ŒIL