« Dis papi, c’est quoi le point perdu ? »  « Le point perdu, depuis quelque temps, je pourrais t’en donner la recette du point perdu ! ». « Le point perdu c’est très facile à faire et difficile à digérer si tu veux ». « C’est trois points volés à Paris qui te restent sur l’estomac, c’est deux points envolés à Brive, c’est un point laissé contre Montpellier, c’est le point délaissé à Castres, bref, c’est tout ce qui fait la différence entre la tête du championnat et le ventre mou, tu sais le ventre mou qui te fais un peu mal aux tripes parfois. Voila tu comprends ? » « Non pas vraiment, mais c’est pas grave parce que moi, je l’ai pas le ventre mou ».

Alors les optimistes pourront toujours penser que la victoire contre le Racing Métro était l’objectif principal et qu’il est atteint. Certes. Mais face à une équipe bis qui ne dit pas son nom, il y avait une opportunité évidente qui n’est pas mise à profit. C’est le point perdu. Vous, vous le savez, ce que c’est le bonus !

A la mi-temps, deux essais en poche, le premier à l’issue d’une offensive collective bien léchée (pour une fois) et conclue en débordement par Yacouba Camara, le second de pénalité accordé pour une faute d’anti-jeu au moment où Maxime Médard s’apprête à aplatir, laissaient augurer un avenir bonifié.  

Il n’en est rien pour de multiples raisons et notamment le rendement intermittent de la touche. La remise en jeu à trois minutes du terme aux cinq mètres, consécutif à une pénalité, devait procurer la munition fatale, le pack se montrant souverain en puissance. Seulement voila, il fallait pour cela assurer le lancer… Et patatras, il est capté par l’adversaire qui parvient ainsi à se dégager.

Pire, balle en main lors de l’ultime action de la rencontre, par manque de patience peut être, on tente l’impossible comme cette chistera aléatoire qui tombe dans les mains… d’un « racingman » qui n’en demandait pas tant ! Et voila comment on accommode le point perdu. 

Alors oui, il faudra bien s’en… accommoder, mais surtout trouver très vite les remèdes si l’on veut passer une fin de saison à la hauteur du potentiel et des ambitions de l’équipe. 

Sévère, mon propos ? Peut être mais lucide. Et si certains s’en trouvent égratignés, qu’ils trouvent en eux les ressources nécessaires pour me faire changer d’avis.

J’adorerai.

Signé : L’OEIL