Le choix, à trois minutes du terme, alors que sa mêlée affirme de plus en plus sa suprématie, d’une touche aux cinq mètres plutôt que de tenter d’inscrire trois points avec un vent contraire et capricieux, n’était pas si mauvais, pas plus que, par la suite, le choix de la mêlée.

Combien se seraient écriés en choeur qu’il était évidemment le plus intelligent et coulait de source, s’il avait conduit à l’essai de la victoire ? Les mêmes, du reste, qui vitupèrent amèrement ensuite, constatant qu’il mène au retour de flamme… castrais, sous  la forme du drop de Benjamin Urdapilleta. (Tiens ? les drops, ça existe encore ?)

Pour tout dire, parce que L’ŒIL dit tout, ce drop est consécutif à une dernière mêlée sur les vingt mètres qui n’aurait pas eu lieu d’être si monsieur Ruiz avait pu voir que l’en-avant toulousain qui l’amène était en fait un vrai en-arrière, seul le rebond en ayant décidé autrement. Les yeux de L’ŒIL étaient placés exactement à hauteur de l’action pour pouvoir l’affirmer.

La faute à l’arbitre, donc ? Non. Car le même arbitre n’a pas craint de refuser un essai (le seul de la rencontre) à Geoffrey Palis pour une charge à retardement sur Sébastien Bézy. Cette charge bien inutile, il faut le reconnaître, n’avait pas d’influence majeure sur le jeu et d’autres arbitres auraient accordé cet essai. « Balle au centre » donc.

Il reste l’incapacité toulousaine actuelle à conclure ses temps forts, surtout dans les matchs serrés, ces matchs au couteau que le moindre détail fait basculer. Et des détails, en voulez vous ? Une passe d’Imanol Harinordoquy interceptée en sortie de maul, une balle tombée par Maxime Médard alors que Vincent Clerc décalé à ses côtés voyait le champ dégagé et envisageait déjà avec bonheur son 98ème essai, et bien d’autres encore que ma mémoire flageolante a oubliés. Ne nions pas non plus la rigueur défensive adverse et son hypercombativité sur tous les points d’affrontement.

La donne change désormais, la bataille finale s’engage avec six matchs à venir où il faudra afficher plus clairement ses ambitions. Un œil sur le calendrier des adversaires directs montre que tout est possible, même l’impossible… !     

 Signé : L’OEIL