D’ailleurs, conscient sans doute de l’injustice, Ma’a Nonu se charge lui-même de la réparation. En adressant à un hypothétique partenaire un long ballon flottant dans ses 22 mètres (action peu prisée chez les All Blacks…), il offre à Gaël Fickou le premier essai toulousain.

Dès la remise en jeu le vent qui souffle par rafales fait des siennes. Louis Picamoles ne parvient pas à assurer la réception d’une chandelle et les Toulousains en soutien se mettent à la faute. Pénalité transformée par Tom Taylor. Mais les Toulonnais aussi font des fautes, comme Mamuka Gorgodze sanctionné dans la zone de ruck et qui écope (rendons à Chalon…) d’un carton jaune (qui durera neuf minutes). Trois points à l’actif de Sébastien Bézy et c’est reparti. Il y a de l’intensité dans le jeu, les Toulousains enchainent quelques belles actions mais la défense est intraitable et les met à la faute. Mais par deux fois le vent, « le vent fripon… » s’oppose aux tentatives de Tom Taylor.

La bataille fait rage et Thierry Dusautoir enterre un ballon dans un ruck. Il est immédiatement sanctionné à son tour par un carton jaune qui lui vaudra un repos bien mérité (de 12 bonnes minutes). Passons.

Et nous passons d’autant plus que c’est en infériorité numérique que les Toulousains s’ouvrent la première faille. Servi par Louis Picamoles, Florian Fritz transperce le rideau défensif et d’une superbe passe croisée sert Maxime Médard pour la conclusion.

A la cinquantième minute, les Toulonnais font le siège de la ligne toulousaine. M. Chalon siffle faute sur faute, parfois justifiée (il faut savoir le reconnaître), et la phase se termine comme il se doit par un bel essai de James O’Connor servi lançé par Sébastien Tillous Borde. Et c’est une nouvelle friponnerie venteuse qui écarte la transformation !

Trois minutes, pas plus, c’est le temps nécessaire aux Toulousains pour remettre le pied à l’étrier. Une phase de jeu de pénétration aux abords des 22 mètres, puis Yacouba Camara s’extirpe, prend le côté fermé et résiste à deux placages avant d’aplatir en coin. Sébastien Bézy, lui, en profite, du vent, pour donner la trajectoire parfaite à sa transformation.

Et ce n’est pas tout ! Comme le bonus, si inattendu par les pronostiqueurs, est maintenant à porté d’essai, les Toulousains gagnent la plupart de leurs duels. Ils jouent juste et dominent de plus en plus nettement leur sujet. C’est finalement à l’issue d’un maul parfaitement réalisé qui termine dans l’en-but que Dorian Aldegheri se couche sur le ballon à cinq minutes du terme.

Cette victoire bonifiée est importante non seulement parce qu’elle propulse le Stade Toulousain à une première place provisoire, mais surtout parce qu’elle écarte quelques démons qui, sans elle, pouvaient se montrer menaçants. Elle donne une petite marge de manœuvre et rassure les esprits sur la capacité du club à assumer ses ambitions.

Après tout, Toulon est le triple champion d’Europe en titre, cette victoire ne doit pas être galvaudée et je ne crois pas que le maillot de Batman y soit pour grand-chose.    

Signé L’ŒIL