La principale difficulté de la soirée, en fait, est pour les journalistes ! Avec ces diables de rugbymen venus de l’Ain, la question est de savoir comment on va les nommer. Les uns optent pour la version anglophone : « Oyomen », mais L’OEIL n’est pas particulièrement anglophile. Les académiciens, eux, les nomment « Oyonnaxiens », mais L’ŒIL n’est pas académique, ça se saurait. Ciblant leur département on pourrait être tenté de les nommer les « aineux », mais c’est disgracieux et limite méprisant ! Vous ne m’en voudrez donc pas de les nommer « visiteurs ».

Les visiteurs, donc, dès les premiers instants, jouent de leurs atouts. Un ballon mal maîtrisé, une mélée face aux barres, une mauvaise liaison de Vasil Kakovin et trois points de Régis Lespinas, le temps de dire ouf.      

Peu enclins à se laisser faire, les Toulousains mettent un peu la pression, mais les ballons humides qui tombent, les passes hasardeuses, les mauvaises  inspirations, aussi, parfois, sont autant d’occasions perdues devant une défense visiteuse agressive.

Il faut un petit coup de pied au dessus de Luke Mc Alister, capté par Florian Fritz qui s’engouffre et ouvre la porte pour le premier essai, le premier de Gray, au pied des poteaux à la huitième minute.

Sébastien Bézy ajoute la transformation, puis une pénalité consécutive à une faute concédée en mêlée fermée par les visiteurs et le score passe à 10 à 3 après un quart d’heure de jeu.

La suite est assez équilibrée, les seules occasions étant octroyées par Monsieur Descottes, mais Régis Lespinas ne peut les convertir. Même l’exclusion temporaire de Viliami Maafu ne procure aucune occasion franche pour les Toulousains qui se heurtent à une défense tenace et la mi-temps est sifflée sur le score de 13 à 3, Sébastien Bézy ayant converti, lui, une pénalité à la 28ème minute.

L’objectif loin d’être acquis, les Rouge et Noir reprennent le jeu avec d’autres intentions. Plus concentrés peut être et surtout moins enclins à produire le jeu débridé qui fait surtout… le jeu des défenseurs adverses, ils mettent la main sur le ballon, prennent le pas sur les phases statiques et cette période de domination finit par résoudre l’équation, concrétisée par un bel essai en force : le second de Gray.  

Reste à atteindre l’objectif par une troisième réalisation et c’est Luke Mc Alister qui y parvient à l’issue d’une belle combinaison, sur un service de Florian Fritz.

Cet essai, loin d’abattre les visiteurs du soir, leur donne une sorte de coup de fouet qui les transcende. Ils dominent alors, assiègent la ligne toulousaine, lancent assaut sur assaut, mais la défense locale veille et montre son efficacité. Thierry Dusautoir prêche par l’exemple et en capitaine exemplaire il organise les siens en une ligne infranchissable.

L’objectif du jour est donc atteint, le petit bonus engrangé est mis au chaud au coffre et pourrait servir en fin de saison, sait-on jamais ?

Place maintenant à la coupe d’Europe et à la double confrontation face à l’Ulster. Les exemptés d’aujourd’hui devraient y apporter leur fraicheur et Gray y retrouvera sans nul doute son prénom de Talaleili que pour un petit calembour imbécile, passé inaperçu aux yeux de beaucoup peut être, L’ŒIL ne pouvait indiquer aujourd’hui…    

Signé L’ŒIL