Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur Wallon,
Quelle est cette langueur,
Jusqu’aux citrons du cœur ? (1)

O bruit doux de la pluie
Des tribunes au toit !
Le supporter s'ennuie,
Sous le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Ce supporter transi !
Trempé jusqu’au trognon !
Défaite sans raison !

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans victoire ni haine,
Mon cœur a tant de peine.

Signé RIMB’OEIL

(1) Référence aux "restaus du coeur" naturellement...

Trêve de poésie, il faut bien admettre que cette équipe alpine, réputée joueuse n’a pas joué mais a gagné tandis que les locaux réputés gagneurs ont joué (peut être trop au premier acte) et ont perdu !  Ce n’est pas la première fois que ces diables de Grenoblois brouillent un peu les cartes, c’est, souvenez vous, à la suite de l’un de leurs tours de passe-passe que Laporte, un jour, sortit de ses gonds…

Alors sans entrer dans des détails futiles, disons que c’est grâce à une plus grande lucidité face aux conditions météorologiques difficiles et un plus grand pragmatisme que les visiteurs ont acquis leur succès. Un jeu au pied adapté aux situations et parfaitement exécuté, une belle présence sur les points d’affrontement, une certaine faculté à ralentir toutes les actions toulousaines. Bien sûr cela ne suffit pas, il fallut aussi la réussite quasi parfaite de Jonathan Wisniewski et de James Hart dans leurs tirs aux buts et les multiples échecs du buteur toulousain dans le même exercice.  

Il n’est naturellement pas à propos de désigner ce dernier comme seul artisan de la défaite, c’est pourquoi je ne vous livrerai pas son nom, d’autant moins que Jean-Marc Doussain fut aussi l’un de ceux qui tentèrent de forcer le destin contraire (avec quelques autres comme Alexis Palisson ou Vincent Clerc en quelques occasions). C’est lui qui fut au cours du match l’un des plus actif, c’est lui qui en fin de rencontre, déchire le rideau défensif sur trente mètres pour une action qui pouvait conclure, c’est encore lui qui délivre une chandelle parfaitement dosée qui aboutit deux mètres devant les poteaux et contraint l’adversaire à concéder une mêlée à cinq mètres à deux minutes de la fin et qui pouvait aussi être décisive. Mais il était écrit que le sort, ce jour, serait contraire ; c’est ainsi que ce ballon glisse des doigts de Louis Picamoles et l’action se poursuit jusqu’à la pénalité de la punition sifflée tandis que la sirène rugit.

Nous retiendrons de cet affrontement les deux essais : le premier marqué dès la dixième minute suite à une superbe passe au pied de Jonathan Wisniewski, par Gio Aplon (qui n’en manque pas à cette occasion), le second en début de deuxième période marqué à la suite d’une superbe action construite de la ligne de trois-quarts, initiée par une prise d’intervalle après crochet intérieur de Yann David poursuivie par Florian Fritz et conclue par Alexis Palisson.

Que dire finalement ? Pas grand-chose si ce n’est que la montagne grenobloise a accouché d’une souris… une souris d’agneau que les gourmets de l’Amicale ont dégustée ensemble avant le match et qui ne leur restera pas sur l’estomac, elle, bien longtemps.

Certes les choses se compliquent, pour leur club favori dans la course à la qualification, mais n’y a-t-il rien de plus ennuyeux que les choses simples ?

Signé L’OEIL