Et pour la débuter, l’année, rien de mieux que de recevoir le champion d’automne, l’un des principaux prétendants, une nouvelle fois, au titre. Les supporters de l’Amicale ne s’y trompent pas, voyant en cette rencontre un difficile test pour les uns, en attendant un déclic salvateur pour les autres. 

Les organisateurs de la rencontre non plus, ne s’y sont pas trompés, ils nous gratifient à l’heure du coup d’envoi, d’un magnifique spectacle pyrotechnique, qui vous en met plein les yeux, (un peu plein les poumons aussi…). Bref l’ambiance est à la fête dans les tribunes, sur le terrain c’est une autre histoire.

L’entame toulousaine montre que quelques démons sont restés en Euskadie, car le rythme et l’engagement sont, cette fois, de la partie. Mais les Clermontois ne s’en laissent pas conter et réagissent au point de dominer quelque peu les débats et d’ouvrir le score par une pénalité de Brook James.  

Mais à la treizième minute, Yoan Huget s’infiltre dans la défense jusqu’aux cinq mètres, expédie au moment d’être repris un ballon lobé qui tombe à terre avant d’être happé par Maxime Médard qui s’affale sous les poteaux. Et là, commence l’une de ces séquences de ralenti, d’arbitrage vidéo comme ils disent, qui montre à la fois l’inutilité du système et l’imbécillité* de la règle ! Oui, le ballon est bien tombé devant Huget, oui, depuis que le rugby existe il y avait en-avant sur cette phase, mais le susdit avait soit disant les mains en arrière… J’aimerais bien qu’un jour quelqu'un m’explique ce que cela signifie ! En fait il les avait au bout des avant bras, comme tout un chacun. Bref, l’essai est accordé et la transformation, que tout le monde prenait pour une pénalité sur l’avantage marqué par Monsieur Berdos, est réussie ! Ce quiproquo conduit à un avantage à la marque de 7 à 3 dont personne ne se plaint !          

Le match, joué sur un rythme élevé, entre deux formations dont aucune ne ferme le jeu est agréable à suivre. Enfin du spectacle, de l’engagement, de la hargne, du défi, du jeu… du rugby ! Brook James et Jean-Marc Doussain se montrent à leur avantage et se rendent coup pour coup lors de leurs tentatives respectives de tirs au but. La pause est atteinte sur un score serré de 13 à 9 en faveur des Noirs rayés de rouge.

Le rythme ne faiblit pas à la reprise. Les Toulousains poussent, mettent les « jaunards » à la faute, jouent vite, mais finissent par se contenter des trois points du drop de Jean-Marc Doussain. C’est à la 52ème minute que Yann David se met en évidence en contournant à toute vapeur la défense avant de donner un essai imparable à Hosea Gear. Compensation ou pas ? Celui-ci est refusé pour un écran bien imperceptible ! Nous retiendrons que les Toulousains ont inscrit un essai dans ce match sans n’en concéder aucun, c’est le principal.

La fin de rencontre, toujours aussi alerte met en lumière une défense toulousaine sans faille que les Auvergnats ne parviennent jamais à mettre hors de position. Attention, il ne faudrait pas s’enflammer trop vite, tout n’est pas encore parfait. Quelques lacunes demeurent comme ces remises en jeu en touche qui sont encore bien hasardeuses et l’alignement britannique dans une semaine pourrait bien en faire ses choux gras…     

Bref, les Saracens seront là pour un deuxième test décisif. Un succès ouvrirait la route (toujours pleine d’embuches) des titres, un revers signerait un adieu plus que probable à la HCup et un coup sur la tête dont il serait bien difficile de se remettre.

Alors je nous souhaite… et surtout la santé.      

Signé : L’ŒIL

* Oui, je sais, je suis traditionaliste, n'en déplaise aux académiciens qui ont supprimé il y a peu un l pour se rapprocher d'imbécile(s), ignorant ainsi l'étymologie latine. Mais comme je suis libre, je résiste. Et Pan.