Heureusement, le balbuzard, puisque c’est son nom, est un peu lent à se mettre en ordre de bataille. C’est ainsi que la friture toulousaine, profite de quelques instants de béatitude de l’oiseau pour lancer quelques offensives. Yoann Huget d’abord, frétille entre les lignes des emplumés et n’échoue que d’un souffle. Florian Fritz, lui, hérite par bonheur d’un ballon qui ne lui est pas destiné et se charge d’un coup de nageoire appuyé d’escorter en but l’objet des convoitises.

Comme Yannick Nyanga, en espadon musclé, en fait de même après une touche confuse, le score au bout d’un quart d’heure est de 12 à 0, concrétisant une supériorité manifeste tant en conquête qu’en occupation de la gent piscicole sur la gent ornithologique…

Et là, allez savoir pourquoi, nous assistons à une baisse de régime. Après la blessure de Florian Fritz remplacé par Gaël Fickou, sans qu’il n’y ait là de liaison de cause à effet, les mouches changent de camp. Le rapace se voit pousser des ailes jusqu’à inscrire un essai de coquin par Fotulai'i qui profite d’une hésitation liée, semble-t-il, à une incompréhension de la décision arbitrale par le peuple des ondes. Pire, revenus à 5 points les balbuzards se mettent à pilonner la ligne de sorte que le sifflet de fin de premier acte est accueilli avec soulagement.

Dès la reprise, les Toulousains se retrouvent comme poissons  dans l’eau. Ils reprennent leur domination territoriale, mais commettent quelques fautes qui font avorter dans l’œuf leurs initiatives. Les mêlées tournent de plus en plus à l’avantage des cétacés locaux, les sanctions pleuvent sur les plumes imperméables jusqu’à ce qu’elles héritent d’une pénalité salvatrice qui desserre l’étreinte. Mais ce n’est que partie remise et c’est Vincent Clerc, célèbre anguille, qui aplatit auprès de la bouée de coin.  Reste à s’approprier ce bonus nécessaire qui s’est déjà refusé deux fois face aux fauves…

Les offensives sont nombreuses, parfois un peu brouillonnes, à moins qu’elles soient embrouillées par ces britanniques qui ont décidément toutes leurs plumes... Il faut un coup d’accélérateur et un superbe passement de nageoire du requin blanc nommé Louis Picamole pour offrir au beluga Census Johnston, placé à l’aile, le plaisir de bonifier.

L’essentiel est fait, plus personne n’a rien à espérer ni à craindre, c’est pourtant durant cette période que Yoann Huget, en saumon des fontaines avisé, parvient aussi à passer entre les serres de son vis-à-vis pour inscrire son nom, pour la première fois de sa carrière, au frontispice des marqueurs d’essai en HCup. En toute fin de partie, Ryan Bevington d’un coup d’aile assure aux siens un retour moins morose sans changer aucunement la face des choses.

Voyez-vous, pour conclure, la nature est impitoyable. Il peut arriver qu’un balbuzard se noie pour avoir choisi une proie trop grosse pour lui et c’est alors au fond de l’étang qu’il termine sa vie. Mais, en rugby, tout est toujours remis en question. Les Toulousains, devront tirer les leçons de cette rencontre dans une semaine et trouver les ressources nécessaires. Ce ne sera pas chose aisée sans Luke Mc Alister ni Florian Fritz qui ont fait les frais du combat. Mais ceci est une autre histoire.

Signé L’ŒIL