Ne comptez pas sur moi pour chercher des excuses dans les absences individuelles de quelques uns,  les deux équipes étant également atteintes. Non,  l’absence qui pèse le plus à mon sens aujourd’hui chez les Toulousains, c’est l’absence d’âme.

Ne comptez pas non plus que je jette la moindre pierre à quiconque et notamment pas aux jeunes pousses qui ne s’en sortent pas individuellement si mal. Certes dominés en mêlée et contraints à de multiples fautes, ils constatent que le score enfle rapidement. Mais le cœur mis à l’ouvrage sur les phases défensives est aussi à souligner et les Johnson Falefa et Christopher Tolofua ne sont pas les derniers dans ce domaine.

C’est même le plus novice de tous, à l’issue de la seule offensive marquante du premier acte amenée par une interception de Yves Donguy qui inscrit sur son aile les seuls points de son équipe, le tout avec un nom prédestiné : Impérial. Cet Aurélien là sera, quoi qu’il arrive, le seul à conserver de ce match un souvenir impéri…ssable marquant à la fois sa première titularisation et le premier essai de sa carrière chez les « grands ».  

Allez, je vous vois venir, vous attendez un couplet sur l’arbitrage qui pourrait expliquer le résultat. Vous allez devoir aussi vous en passer. Avec une mêlée dominée, une touche déficiente, des phases de ruck où les Auvergnats conquièrent de nombreuses munitions   et donc quasiment sans ballon il est impossible de faire longtemps illusion. Un ballon récupéré par ci, un autre grappillé par là ne suffisent pas pour mettre à mal l’adversaire. Dominés territorialement les fautes sont commises à portée de canon d’un David Skréla en réussite. Il n’en faut pas plus pour plier bien vite toute illusion. 

Les fautes de l’adversaire, sifflées elles aussi, n’autorisent qu’un peu de répit. Une seule donne lieu à une tentative, si lointaine qu’elle en est désespérée et bien sûr improductive. Alors même si certaines décisions ont pu paraître sévères, elles n’ont pas fondamentalement changé le résultat.  
Le reste n’est qu’anecdotique : le score fleuve s’il peut satisfaire les adeptes des livres des records ne trompe personne, pas de bonus offensif pour les Clermontois qui ne marquent leur second essai sur interception qu’après la sirène, la moitié de l’équipe ayant à ce moment quasiment regagné les vestiaires, je veux dire mentalement, pour y retrouver celle qui ne l’a décidément jamais quitté : l’âme. 

Quant à l’âme, donc, si elle a joué l’Arlésienne en Auvergne, je suis prêt à parier qu’elle sera de la partie la semaine prochaine lorsqu’il faudra, à domicile, s’affranchir d’une équipe castraise dont personne ne songe à sous-estimer la valeur. 


Signé L’ŒIL