Mais en même temps, quoi de plus exaltant et de plus fédérateur que d’avoir à lutter contre des forces obscures ? Contre un adversaire invisible et pourtant si inquiétant, une sorte de « chose » dont on a peine à cerner les contours ?   

C’est donc en sauveurs de la patrie que le groupe toulousain formé des rescapés des sélections, des évadés de l’infirmerie et des surdoués de la nurserie se présente sur le terrain. D’entrée de jeu les locaux posent leur poigne de fer sur les mêlées et obligent les bonhommes verts à user de ficelles. Ils ont la main mise sur le ballon et lancent quelques offensives qui n’aboutissent pas mais mettent l’adversaire sous pression. Un superbe mouvement notamment, avec Grégory Lamboley à la manœuvre soutenu par Jean Bouilhou, oblige les défenseurs à fauter et permet à Frédéric Michalak d’afficher les premiers points au tableau de marque électronique.

Sans précipitation, mais sans relâche, le commando des huit avants impose sa loi tant en mêlée fermée qu’en conquête aérienne. Mais l’adversaire est tenace, privé de munition dans la conquête directe il en est réduit à utiliser les cartouches perdues et connaît à ce jeu une belle réussite. Une superbe offensive dans laquelle intervient avec bonheur un Mathieu Bélie pas inconnu ici, offre à Len Olivier un essai qui ne doit rien à personne. Et voila que  ressurgit le spectre de « la chose »,  d’autant plus que dans la minute qui suit un nouveau ballon rendu est mis à profit par l’armée verte pour faire passer un frisson dans les échines d’Ernest, heureusement sans conséquence. 

Frédéric Michalak réussit en coin une pénalité consécutive à la Xième faute dans un regroupement avant que Monsieur Franck Maciello n’agite un jaune (un carton, pas un verre) lors de la Xième plus une, commise par Emmanuel Etien, puis, à quelques secondes de la pause, un second sur faute en mêlée fermée. Si l’on en croit l’adage approximative : « un jaune ça va, deux jaunes, bonjour les dégâts… », on peut penser que la reprise sera difficile pour les punis.

Bien au contraire, c’est à 13 qu’ils parviennent à marquer ! Après une touche à 5 mètres, le ballon file à l’aile et Julien Laharrague s’engouffre pour conclure.   

Sans s’affoler, en bons soldats  de la patrie, les Toulousains remettent les choses en place en usant de leurs armes décrites plus haut. Après quelques actions avortées, quelques maladresses, quelques oublis, ils finissent par trouver la faille par Rémi Lamerat lançé et bien servi par Frédéric Michalak.    

Si le poteau s’oppose lors de la transformation à la prise de l’avantage au score, il ne peut rien, par la suite, face à une nouvelle pénalité de Frédéric Michalak ni face à celle de Nicolas Bézy de cinquante mètres en biais. Rémi Lamerat en fin de partie n’aura pas à regretter l’oubli de son partenaire décalé sur  l’aile pour un essai imparable puisque dans les derniers instants M. Franck Maciello refuse aux Montalbanais celui de la gagne en raison d’une faute préalable.  Ouf !

Mission remplie donc et à la semaine prochaine pour un nouvel épisode.

 

Signé L’ŒIL