Pour autant, les  fidèles adhérents de l’Amicale n’en tirent pas la conclusion que la raison en est suffisante pour consentir à s’abêtir devant une émission de « télé réalité » et ils effectuent ce long voyage avec un objectif avoué (et donc à moitié pardonné) : profiter du beau temps pour admirer ces merveilleux paysages de Provence sous le soleil, et goûter en toute convivialité quelques succulences gastronomiques accompagnées, avec modération cela va de soi, d’un petit « Côte du Rhône », dans les bouches du même nom. 

Les autochtones ont le bon ton de donner à la fête en rouge et noir un aspect de kermesse univoque dans laquelle les supporters se mêlent avec bonhomie.  Quand vous pensez qu’en ce même lieu je ne sais combien d’escadrons sont nécessaires pour séparer de drôles de hordes en certaines circonstances, je mesure mieux le bonheur qui est le mien d’avoir trempé dans un sport dont, si le ballon est moins civilisé, les adeptes, eux, le sont plus !  

Non, bien sûr, je ne pardonne pas les sifflets entendus à l’entrée des joueurs,  ni ceux qui aident Jean-Baptiste Elissalde à transformer ses pauvres occasions, mais je les prends pour un enfantillage de potaches, disons un épanchement de si novices… que je les en  absous. Amen. 

Si je vous dis tout cela c’est bien que le match, lui-même, est d’une pauvreté affligeante. Les Toulonnais en quête de ce qui leur apparaît comme un exploit mettent toute leur foi dans l’affrontement tandis que les Toulousains tentent de justifier par intermittence leur standing, non sans gâcher avec constance par des maladresses inhabituelles leurs occasions.  Naturellement, des cadres sont au repos, mais ceci n’explique pas cela. 

Les locaux enchaînent en début de seconde période quelques mouvements  de bonne facture et se voient même refusé un essai pour un en-avant commis sur la dernière passe. Un seul essai récompense finalement ces derniers marqué à la suite d’une chevauchée de Luke Rooney le long de la touche, observé de près par des défenseurs Toulousains qui paraissent un rien passifs : mais que pouvaient-ils contre un joueur qui, selon la légende, marque plus vite que son ombre ? 

Fi des galéjades, les Toulousains profitant de l’entrée de quelques pointures et de l’expulsion temporaire (sévère ?) de Yoann Maestri produisent tout de même quelques belles séquences et notamment un « mano à mano » superbe entre Vincent Clerc et Florian Fritz. Mais c’est finalement le pied de Conrad Barnard, de plus de cinquante cinq mètres, qui rassure les siens en même temps qu’il prive les Toulousains d’un bonus inutile.  

La suite sera probablement plus indicative sur l’état de forme d’un Stade Toulousain meurtri, on peut le comprendre de sa récente désillusion (encore qu’il y ait des défaites plus honorables que certaines victoires) et qui aura à cœur de profiter des trois rencontres qui restent pour se présenter à leur adversaire des demies-finales dans les meilleures conditions possibles. Les Berjaliens s’en passeraient bien sans doute, mais ils disputeront au Wallon un « test match » au sens propre du terme. 

Signé L’OEIL