J’imaginais déjà le parti que je pourrais tirer de la situation en parlant par exemple du miracle de la multiplication des points pendant que Finau, pour satisfaire les besoins de ses iles natales, se trouverait aux noces de Maka. Rien de tout cela, hélas ! Finau, blessé, ne participe pas à la réjouissance et en fait de multiplication c’est plutôt à une soustraction que nous assistons. De là à accepter les sifflets imbéciles d’admirateurs inconséquents, il y a un pas que L’ŒIL ne franchira pas. Au contraire du trésorier, il est de ceux qui préfèrent voir quelques places vides que de les voir occupées par une faune inculte dont l’ingratitude le dispute à l’incurie. Bref, le retour de Frédéric Michalak, le vrai, demandera quelques adaptations, comment pouvait-il en être autrement ?

Quant à la rencontre, plutôt que d’en faire une description scrupuleuse, je préfère exprimer ici quelques impressions. Les Toulonnais au fil du match, et cadeaux après cadeaux, finissent par croire que la période des fêtes a commencé. Ceci fait sur leur moral tant de bien qu’ils finissent par se persuader que le rêve est possible et s’y accrochent avec acharnement. Le rêve des uns est le cauchemar des autres, bien prêts à baisser les bras, jusqu’à l’entrée en piste du sauveur !

En dix minutes et en trois coups de pattes, Gaffie Dutoit, après avoir gagné un terrain conséquent, apporte sur un plateau la victoire par le plus petit des écarts, d’une pénalité en position difficile, magistralement exécutée. Il s’en fallait de peu que cette rencontre ne se transformât en chemin de croix, Gaffie en a magistralement changé le cours à la dernière station.

Dès lors comment ne pas conclure que ce jour là, le sauveur fut Gaffie et qu’il changea l’eau de boudin en délicieux breuvage ?!

Du coup, une fois n’est pas coutume, c’est Saint Jean l’Evangéliste qui inspire à L’ŒIL cette fin apocryphe :

Tel fut, à Ernest Wallon en Pyrénées, le premier des miracles que fit Gaffie.
Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Mais ne vous méprenez pas, ne considérez pas que plus rien ne peut arriver, placés sous une telle protection ! Non, car tout ceci n’est pas parole d’Evangile. Il faudra en terre iséroise, d’autres applications pour ne pas avoir à attendre un nouveau miracle tant il est rare que ceux-ci se multiplient en matière rugbystique. Non, c’est une résurrection que nous attendons dans sept jours, rien de moins, si nous voulons y faire une pêche miraculeuse.


Signé L’ŒIL