Inutile de tourner plus longtemps autour du Puy, dont j'espère tout de même que la vérité ne remontera pas. La prestation toulousaine en terre auvergnate n'est pas digne d'un club qui brigue depuis plusieurs saisons les plus hautes distinctions françaises et européennes.

Au châpitre des (fausses) excuses, disons que le sort ne lui est pas favorable en cette belle soirée automnale. Benoît Baby, puis par deux fois Jean-Baptiste Elissalde manquent la cible dans des positions il est vrai peu aisées. Puis, Maléli Kunavore, placé en position idéale sans opposant, ne parvient pas à maîtriser un ballon pourtant facile qu'il perd à deux pas de la ligne. 16 points potentiels laissés sur le pré de Marcel Michelin en première période, c'est beaucoup trop pour espérer quoi que ce soit. Ajoutez y la glissade de Benoît Baby qui garde son ballon au sol, le contre sur Yannick Jauzion qui coûte sept points, la faute sur ballon porté qui vaut dix minutes de repos à Finau Maka (même s'il ne semble pas être le véritable auteur de la faute) et la réussite sans faille de Brook James, il n'en faut pas plus pour qu'à la pause les carottes soient suffisamment rissolées et que les Toulousains se contentent ensuite d'expédier les affaires courantes.

Et c'est cette démission, cette absence de révolte, qui éprouvent le plus le vieux supporter que je suis. C'est justement dans ces moments là que la remise en cause collective doit s'afficher avec véhémence. Or, c'est l'instant que les Toulousains choisissent pour montrer quelques actions individuelles qui comme toujours n'aboutissent au bout du compte qu'à la punition. Oui, la victoire est sans doute envolée, oui, le bonus défensif difficile à envisager, c'est une raison de plus pour faire honneur au maillot. Au lieu de cela, (et je le dis parce que je les aime et que qui aime bien châtie bien), ils se contentent d'attendre que le temps s'écoule en tâchant tant bien que mal d'endiguer les assauts adverses.

Pourtant, là est le paradoxe, s'il est connu que le succès est principalement fondé sur la conquête, les Toulousains en ce domaine se montrent excellents. Sur mêlée, ils mènent la vie dure à leurs adversaires et se permettent même de chaparder la plupart des remises en jeu auvergnates en touches ! Mais une fois en possession de ce bien chèrement gagné, ils semblent incapables d'en faire un usage positif. Encore une fois, l'usage stéréotypé de ballons à suivre mal adressés donnent autant d'opportunités de relances qui aboutissent immanquablement à mettre notre camp en danger.

Mais il faut aussi reconnaître l'excellente partie des Clermontois, qui possèdent l'une des meilleures équipes du championnat. Aurélien Rougerie en pleine forme est étincelant et met à mal la défense dispersée à chacune de ses interventions et Elvis Vermeulen en perceur de coffre fort à la manière d'un certain Christian, en fournissent un bel exemple. Mais surtout l'ensemble de l'édifice est solide. Costauds, inspirés, vifs, précis et adroits, les Clermontois seront, s'ils conservent ce niveau, difficiles à mettre à la raison dans leur antre.

Pour autant, c'est la gloire du sport, comment ne pas se satisfaire que le meilleur du jour gagne ? Mais pour répondre à quelques slogans un tantinet provocateurs qui s'interrogent sur la présence hypothétique des Toulousains, je répondrai que le Stade Toulousain, c'est comme l'Ariège, ça monte et ça descend et que curieusement c'est au mois de Mai qu'il trouve d'ordinaire ses sommets.

Signé : L'OEIL

* J'apporte une attention toute particulière à user d'un langage politiquement correct qui fait qu'il n'est plus aujourd'hui de sourds mais des mal-entendants, point d'aveugles mais des mal voyants, pas d'impuissants mais des mal-baisants sans doute et donc pas davantage de nains !